J’étais curieuse de lire cet ouvrage consacré au processus de l’accouchement physiologique. Il s’agit de la réédition de ce livre écrit par Maïte Télaun, sage-femme ayant une grande expérience acquise d’abord en milieu hospitalier puis à domicile. L’accompagnement et les différentes phases sont décrites avec une rigueur empreinte de cette riche expérience construite au fil de nombreuses années.

Maïte Télaün
J’accouche bientôt. Que faire de la douleur?
Editions Souffle d’or
2012 (2e édition), 230 pages, CHF 33.-
EAN13: 9782840584490
Cette partie est particulièrement intéressante, et ce partage autour de la physiologie de l’accouchement est crucial pour témoigner de ce processus unique qui n’est pas toujours observable en milieu hospitalier. Les dix pas de physiologie et les surveillances médicales de l’accouchement physiologique constituent des chapitres d’intérêt, car ils confrontent la vision d’une sage-femme exerçant sous propre responsabilité professionnelle et celle des surveillances hospitalières. Ces deux regards permettent aussi une remise en question de la surmédicalisation parfois observée en salle de naissance, mise en place quelquefois de façon routinière et pas toujours indiquée.
Il est toutefois regrettable que cette nouvelle version n’ait pas bénéficié d’une mise à jour prenant en compte les recherches et protocoles en vigueur dans les institutions. En effet, il semble aujourd’hui admis dans de nombreux établissements que nous ne sommes plus à l’ère de l’«active management», que la dilatation cervicale n’est pas linéaire et que le travail actif débute à 6 cm.
Dans les chapitres consacrés à l’anesthésie péridurale et à la douleur, les études auraient pu être mises à jour, certaines références datant de 1993, ce qui paraît relativement ancien.
En revanche, la distinction entre les concepts de douleur et de souffrance me semble toujours pertinente et apporte des pistes de réflexion quant aux résistances que les femmes peuvent rencontrer pendant le travail de l’accouchement.
Ainsi, je conseillerais ce livre davantage à des femmes ou futurs parents qu’à des professionnel·le·s, car il manque malheureusement de références importantes pour argumenter les prises en charge actuelles.