Peut-on se préparer à l’allaitement? Vrai/Faux pour y voir plus clair

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Peut-on se préparer à l’allaitement? Vrai/Faux pour y voir plus clair
01.06.2026
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Kelda Weeks,
infirmière sage-femme et consultante en lactation à l’hôpital de Morges, elle accompagne les familles depuis plus de 10 ans, en maternité, néonatologie et en consultation ambulatoire.

Kelda Weeks est infirmière sage-femme et consultante en lactation, et donne des cours de préparation à l’allaitement à l’hôpital de Morges auprès de futurs parents. Elle accompagne chaque année de nombreuses familles dans les débuts de cette aventure, souvent idéalisée mais parfois déroutante. Peut-on vraiment se préparer à allaiter? Entre idées reçues et réalités du terrain, elle propose de faire le point.

L’allaitement est souvent perçu comme un geste naturel, presque instinctif. Pourtant, de nombreuses mères découvrent à sa naissance une réalité plus nuancée: allaiter s’apprend, pour le bébé comme pour les parents. Peut-on s’y préparer? Que faut-il anticiper, et que ne peut-on pas prévoir? Voici quelques repères pour aborder cette aventure avec plus de sérénité.

«L’allaitement est naturel, il n’y a rien à préparer.»

Plutôt faux. Oui, l’allaitement est un processus naturel. Mais non, il n’est pas inné ni automatique.

Dans notre société, nous voyons peu d’images réelles d’allaitement au quotidien. Beaucoup de mères sont donc surprises par sa complexité et par le temps nécessaire pour qu’il se mette en place. On se prépare volontiers à l’accouchement… mais beaucoup moins à l’allaitement, qui occupe pourtant une grande partie des premiers jours et semaines avec un bébé. Se préparer, cela peut vouloir dire:

  • Observer d’autres femmes allaiter, échanger avec elles;
  • Participer à un cours de préparation;
  • Lire ou regarder des ressources fiables (voir en fin d’article).

Cela permet surtout d’avoir une vision plus réaliste afin de savoir à quoi s’attendre: oui, tout peut bien se passer, mais des difficultés peuvent aussi apparaître.

«Même préparé·e, on ne peut pas anticiper comment se déroulera l’allaitement.»

Vrai… mais. Chaque allaitement est unique. Impossible de tout prévoir: par ex la succion et prise de poids du bébé, une hospitalisation en néonatologie, etc.. En revanche, certaines connaissances aident vraiment. Par exemple, savoir qu’un nouveau-né tète en moyenne 8 fois ou plus par jour, comprendre ce qu’est l’allaitement à la demande et comment la lactation fonctionne ou encore pouvoir reconnaître les signes de faim. Mais aussi, anticiper des moments intenses, comme la fameuse «nuit de java» (2 ou 3e nuit de vie du bébé), souvent plus agitée. En somme, débuter avec un projet souple et ouvert est souvent la meilleure approche.

Il est important de savoir qu’il n’existe pas une seule façon d’allaiter. Certaines mères choisissent un allaitement exclusif, un allaitement mixte (sein / lait artificiel) ou encore ce qu’on appelle le «tire-allaitement».

«Je ne suis pas sûre de vouloir allaiter, je verrai bien.»

C’est tout à fait légitime! Il est important de savoir qu’il n’existe pas une seule façon d’allaiter. Certaines mères choisissent un allaitement exclusif, un allaitement mixte (sein / lait artificiel) ou encore ce qu’on appelle le «tire-allaitement» (tirer son lait pour le donner au biberon). D’autres commencent… puis ajustent leur projet en fonction de leur vécu. Même une seule tétée a un impact positif, notamment sur le microbiote du bébé.

Si vous hésitez, en parler avec votre partenaire peut aider à clarifier vos envies. Echanger avec d’autres parents apporte par ailleurs des perspectives concrètes. Enfin, suivre un cours de préparation à l’allaitement permet de mieux peser les avantages et contraintes. Et si une expérience passée a été difficile, en discuter avec un·e professionnel·le peut être très utile.

«Si j’allaite, je dois acheter beaucoup de matériel.»

Faux. L’essentiel est… très simple. Les seuls «indispensables» sont un coussin d’allaitement, pour s’installer confortablement (et ce dès la grossesse, d’ailleurs) et quelques soutiens gorges, une taille au dessus. Tous les autres accessoires (coussinets d’allaitement, tire-lait, etc.) dépendent des besoins et ne sont pas systématiques!

Il est souvent préférable d’attendre de voir comment l’allaitement démarre avant d’investir. On peut éventuellement demander à son entourage s’il a, par exemple, des coupelles en argent pour le traitement des crevasses.

«Il est utile d’anticiper la reprise du travail.»

Vrai. Idéalement, on peut commencer à y réfléchir environ un mois avant. En Suisse, trois consultations en allaitement sont prises en charge et peuvent aider à organiser l’expression du lait, choisir un tire-lait adapté, introduire le biberon, planifier la conservation du lait et coordonner avec la crèche ou la personne de garde. Discuter plus en amont avec l’employeur peut aussi faciliter les choses: des aménagements sont souvent possibles.

«Si j’allaite, je serai seule à m’occuper du bébé.»

Faux. L’allaitement est un travail d’équipe! Même si la mère nourrit le bébé, le ou la partenaire joue un rôle essentiel, entre soutien émotionnel, aide pratique (changes, portage, endormissement, logistique du foyer) et relais dans les moments de fatigue. Le lien avec le bébé ne passe pas uniquement par l’alimentation, mais par toutes les interactions quotidiennes… On devient, en quelque sorte, un «couple allaitant».

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