Yvonne Meyer (Haute école de santé Vaud) mène de longue date des travaux sur la désignation de la profession sage-femme dans la littérature francophone professionnelle.
En juillet, elle a également porté son attention, avec Céline Lemay (Université Trois Rivières, Québec), sur le terme émergeant de «Lead Perinatal Practitioner». Ce terme est proposé par John Pendleton et Sally Pezaro, deux chercheur∙euse∙s britaniques, dans un article paru en mars 2025 dans la revue Birth, s’appuyant sur les réflexions sociétales autour du genre des personnes donnant naissance.
Yvonne Meyer et Céline Lemay ont soumis à la rédaction de Birth un courrier de lectrices, qui a paru en juillet, intitulé: «Changing From Midwife to Lead Perinatal Practitioner: Would It Afford the Profession More Authority, Value and Professional Identity Where It Currently Lacks Them?»
Parmi les principales critiques développées par les autrices:
- Les compétences spécifiques et l’identité de la profession de sage-femme risquent d’être «invisibilisées»;
- Un titre moins spécifique pourrait également être revendiqué par d’autres professions de santé et affaiblir la visibilité publique de la profession.
- Le terme «périnatal» limite la perspective à la période entourant la naissance et peut occulter le rôle des sages-femmes dans la santé reproductive générale des femmes.
- Idées fausses: le mot «Lead» (dans l’intitulé de poste proposé «Lead Perinatal Practitioner») ne confère pas automatiquement plus d’autorité ou d’autonomie dans un système marqué par la standardisation et la prédominance médicale.

