Journal de bord d’un virage à 180 degrés. Episode 2: Retrouver l’essentiel  

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Journal de bord d’un virage à 180 degrés. Episode 2: Retrouver l’essentiel  
29.09.2026
Thèmes: Personnes
Sources des images: Istock

Auteur·rice(s)

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Céline Audemard,
sage-femme exerçant sous propre responsabilité professionnelle, conseillère rédactionnelle Obstetrica.

Dans le 1er épisode de ce journal de bord, Céline écrivait comment, après de nombreuses années de pratique hospitalière, elle a choisi d’exercer en maison de naissance. Dans cet épisode, elle raconte ses premiers pas dans cette pratique nouvelle, et son arrivée dans une équipe soudée, qui se trouve confrontée à l’épreuve du deuil.

Il y a des débuts qui marquent plus que d’autres. Mon arrivée à la maison de naissance en fait partie. Après les transmissions de Mathilde, c’est Pia qui me prend sous sa coupe. Elle m’a accueillie avec une générosité et une authenticité qui m’ont mise en confiance. Nous avons partagé nos parcours en y trouvant bon nombre de similitudes (nos études, nos formations d’acupuncture, nos petits «trucs» de sages-femmes). Nous avons traversé ensemble une journée de consultations de grossesse, pendant laquelle j’ai pu apprendre d’elle, des conseils pour les patientes en terme dépassé (massages, tisanes et aide au mental).

Une semaine après, son décès brutal[1] a bouleversé ce début et plongé l’équipe dans la tristesse. Je suis reconnaissante de l’empreinte positive et lumineuse qu’elle m’aura laissée. Je réalise aussi, après plusieurs semaines, combien elle a marqué bon nombre de familles.

Authenticité et expertise

J’ai découvert une équipe remarquable qui accueille avec bienveillance les couples – et les collègues! La collaboration entre collègues est une force pour connaitre toutes les situations et les pratiques de chacune. Les questions sont encouragées et je suis admirative du niveau d’expertise de mes collègues. Cette immersion m’ouvre les portes d’une autre culture professionnelle qui semble bien me correspondre. Néanmoins, le bilinguisme fait partie du quotidien et j’ai une grande marge d’amélioration à envisager.

Les échanges avec les familles sont simples et transparents, on se tutoie et on s’appelle par nos prénoms, et cette proximité favorise la confiance. C’est une autre manière d’accompagner, plus horizontale qui correspond aux valeurs que je souhaitais retrouver dans ma pratique.

Polyvalence

J’ai également dû vite maitriser la polyvalence du travail dans une maison de naissance: on passe de la salle de naissance à la cuisine pour préparer une tisane, en enclenchant vite la machine à laver et le sèche-linge sur le chemin. On prépare la table du petit-déjeuner, on arrose les plantes de la salle d’examen et on remet une chambre en ordre pour la famille suivante, sans oublier de vérifier le matériel de réanimation néo-natale et de relever les derniers mails de la boite Hin.

Premiers accouchements

Puis sont arrivés dans le 1er mois, mes deux premiers accouchements. Deux moments d’une intensité particulière qui m’ont rappelé pourquoi j’ai choisi ce métier.
Ces deux primipares m’ont appris qu’accompagner, c’est avant tout faire confiance: confiance dans les compétences des femmes, dans la physiologie de la naissance, dans la force du collectif et dans ses propres compétences.
Quand, pour l’une des familles, le RCF n’était pas satisfaisant à l’arrivée, j’ai senti comme un bizutage – mais heureusement c’est rentré dans l’ordre rapidement.  
Quand la patiente a souhaité accoucher à 4 pattes, je me suis adaptée à ce choix et tout s’est bien passé.
Quand l’habitude de la maison de naissance est le doptone intermittent en phase d’expulsion et que j’ai toujours utilisé le monitorage continu, je fais confiance… au bébé!

Une pratique exigeante en compétences

Enfin en maison de naissance, chaque consultation de grossesse demande une attention particulière: connaitre les recommandations, les valeurs cibles, ne rien laisser au hasard, pister les résultats du laboratoire, récupérer et bien analyser les dossiers gynécologiques, etc. Mais aussi, prendre le temps de s’entretenir avec les couples pour une anamnèse complète de leurs suivis médicaux et psychosociaux. Cette responsabilité est aussi stimulante qu’exigeante mais la Teamsitzung (séance d’équipe mensuelle) permet de retraverser chaque dossier en équipe.

J’apprends, chaque jour, à conjuguer autonomie et prudence.

A suivre…


[1] https://www.le-petit-prince.ch/news/109/69/Avec-une-profonde-tristesse.html

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