Une grossesse semble souvent se dérouler d’elle-même: l’utérus grandit, l’enfant se développe, le ventre s’arrondit. Mais derrière ces changements visibles se cachent des processus complexes, tant dans le corps de la femme que dans l’ensemble du système familial.
En obstétrique, on part généralement du principe qu’une femme commence sa grossesse en bonne santé. Son corps s’adapte, et l’enfant grandit et se développe. Mais même lorsque la grossesse se déroule normalement (on parle alors d’évolution physiologique), l’accompagnement par des professionnel∙le∙s est essentiel. D’une part, c’est le seul moyen de détecter précocement d’éventuelles anomalies; d’autre part, les soins prénataux ne sont pas exclusivement axés sur l’aspect médical, mais «holistiques», c’est-à-dire prenant en compte toutes les dimensions de la vie des femmes et couples concernés.

Ainsi, les questions émotionnelles ou organisationnelles peuvent également occuper une place centrale, notamment dans le cadre de l’accompagnement par la sage-femme. Le processus du «devenir parent» peut s’accompagner de diverses pressions, par exemple psychologiques et/ou sociales. A cela s’ajoute le fait qu’il est aujourd’hui facile d’obtenir des informations, ce qui rend le rôle des professionnel∙le∙s d’autant plus important: ils aident à relativiser les contenus provenant de canaux tels que les réseaux sociaux et à les replacer dans un contexte individuel.
Les questions émotionnelles ou organisationnelles peuvent également occuper une place centrale, notamment dans le cadre de l’accompagnement par la sage-femme.
En quoi consiste le suivi prénatal?
Le suivi prénatal régulier comprend:
- 2 échographies (vers les semaines 12 à 14 et 20 à 23). La première échographie sert principalement à confirmer la grossesse, à vérifier le nombre de fœtus présents dans l’utérus et à contrôler la formation des organes. Sur demande, un premier dépistage est effectué (test du premier trimestre). La deuxième échographie permet notamment de vérifier le fonctionnement des organes.
- 7 consultations de contrôle chez le médecin ou une sage-femme jusqu’à la date prévue de l’accouchement dans le cadre d’une grossesse physiologique. En cas de grossesse à risque, le nombre de contrôles est augmenté en conséquence;
- Contrôle de l’état de santé de la mère: signes vitaux, urine, poids, anamnèse, dépistage du diabète, analyses de laboratoire, conseil en cas de troubles liés à la grossesse, prise en charge des troubles liés à la grossesse ainsi qu’évaluation de la nécessité d’un soutien supplémentaire par d’autres professionnel∙e∙s;
- Contrôle de l’enfant: croissance fœtale (la sage-femme mesure la taille de l’utérus, la gynécologue mesure la croissance par échographie), position, quantité de liquide amniotique, mouvements fœtaux, contrôle des battements cardiaques.
Modèles de suivis prénataux en Suisse
En Suisse, les femmes enceintes peuvent choisir entre différents modèles de prise en charge:
- suivi par une sage-femme (cinq à six consultations chez la sage-femme, sur demande une à deux consultations médicales pour l’échographie);
- suivi médical (sept rendez-vous au total chez la∙le gynécologue);
- mixte (deux à trois consultations médicales, quatre à cinq chez la sage-femme).
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Quand le corps a besoin de soutien
Cependant, toutes les grossesses ne se déroulent pas sans problème. Les causes sont multiples et vont des maladies chroniques aux déséquilibres hormonaux, en passant par les troubles psychiques ou les problèmes chez l’enfant. Si une femme entame sa grossesse alors qu’elle souffre déjà d’une maladie physique ou psychique, ou si elle est considérée comme une femme enceinte «à risque», des contrôles médicaux plus fréquents peuvent s’avérer nécessaires.
«J’ai pu voir une psychologue avec une traductrice»
Mes deux grossesses ont été suivies à l’hôpital. Pour ma première grossesse je me sentais super bien, mais pour la deuxième grossesse cela a été beaucoup plus difficile, j’étais très fatiguée, j’avais aussi de gros problèmes de dos depuis la naissance d’Amelia, j’ai dû faire de la physio.
J’avais aussi beaucoup de soucis, je ne me sentais pas bien. Ici je ne connais pas beaucoup de monde, c’est juste mon mari, mes enfants et moi. Je ne parle pas encore le français. Mais j’ai pu voir une psychologue pour quelques séances, avec une traductrice. Cela a fait beaucoup de bien!
Freshta, 22 ans, maman d’Amelia, 2 ans et demi, et Julia, 8 mois
C’est précisément dans ces situations que la prise en charge conjointe par une sage-femme et un·e gynécologue revêt une importance particulière (voir l’encadré ci-dessus): alors que dans le cadre médical, le bien-être de la mère et de l’enfant est principalement surveillé sur une base médicale, la sage-femme apporte une perspective importante de normalité. Grâce à son approche axée sur les ressources, elle renforce la confiance dans la grossesse, dans l’enfant et dans son propre corps.
Podcast FSSF: le suivi de la grossesse par une sage-femme
Charline et Yohan ont deux enfants de 2,5 ans et 2 mois. Pour les deux grossesses, ils ont choisi un suivi avec la sage-femme Claire Ajoubair. Dans l’épisode 72 du podcast Battements de cœur de la Fédération suisse des sages-femmes (FSSF), ils témoignent tous les trois des avantages et conditions pour un suivi de la grossesse par une sage-femme – côté famille… et côté professionnelle. Pour eux trois, le suivi au long cours, depuis la grossesse
jusqu’au post-partum (et, dans leur cas, également au cours de l’accouchement pour leur deuxième) apporte non seulement une certaine richesse dans la relation mais aussi une confiance réciproque, indispensable dans la période si particulière qui entoure une naissance.
Retrouver l’épisode courant juin ici (cliquer)
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