La grossesse est une période de grande joie, mais aussi, bien souvent, de grande incertitude. De nombreuses décisions doivent être prises, qu’il s’agisse des examens médicaux, du lieu de l’accouchement, des interventions éventuelles ou encore de la prise en charge. Une question centrale se pose alors aux futurs parents: comment prendre des décisions éclairées sans pour autant ignorer mon intuition?
Prendre une décision éclairée ne signifie pas tout savoir. Cela ne signifie pas non plus comprendre en détail chaque option possible ou anticiper toutes les éventualités. Une décision éclairée est prise lorsqu’une femme enceinte reçoit de manière compréhensible les informations qui la concernent et connaît les chances, les risques et les alternatives. Cela signifie également qu’il y a de l’espace pour ses propres questions, valeurs et besoins – et que les femmes enceintes ont le droit de s’opposer à une recommandation médicale. Il s’agit donc moins d’acquérir un maximum de connaissances que de disposer d’une orientation adaptée à la situation de vie actuelle et aux besoins individuels de la femme enceinte.
Quelles questions sont vraiment utiles?
De nombreuses femmes enceintes rapportent que, lors d’entretiens avec des professionnel·le·ss, elles n’osent pas toujours poser des questions ou ne savent tout simplement pas quoi demander ni ce qu’elles ont le droit de demander. Parallèlement, elles ont rapidement l’impression de ne rien devoir «manquer». Dans de tels cas, des questions simples et structurantes peuvent s’avérer utiles, par exemple:
- Quel est l’objectif de cet examen ou de ce traitement?
- Quels sont les avantages et les risques?
- Que se passe-t-il si je ne fais rien ou si j’attends?
- Existe-t-il des alternatives?
Il est également utile de se faire accompagner lors des examens.
En Suisse, le droit à l’autodétermination s’applique également pendant la grossesse. Toute mesure médicale – y compris les examens de routine – nécessite le consentement de la patiente.
Peut-on refuser des examens?
Il n’est pas rare que les patientes se demandent si elles doivent subir tous les examens proposés par le médecin. En Suisse, le droit à l’autodétermination s’applique également pendant la grossesse. Toute mesure médicale – y compris les examens de routine – nécessite le consentement de la patiente. Cela signifie qu’une femme enceinte a le droit de refuser des examens ou des traitements, même s’ils sont recommandés. La condition préalable est qu’elle ait été préalablement informée de manière compréhensible. Dans la pratique, cette étape n’est toutefois pas toujours facile. De nombreuses femmes rapportent qu’elles se sentent sous pression ou ont peur de «passer à côté» de quelque chose. C’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel que les professionnel·le·s de santé ne se contentent pas d’informer, mais qu’elles et ils fassent clairement comprendre que la décision de la patiente sera respectée.
Entre information et surmenage
Les possibilités de s’informer sont aujourd’hui pratiquement illimitées. Mais plus d’informations ne signifie pas automatiquement plus de sécurité. Au contraire: de nombreuses femmes enceintes ressentent une insécurité croissante à mesure qu’elles lisent (voir aussi ici).
Prudence ou insouciance – où se situe la limite?
De nombreuses décisions prises pendant la grossesse se situent à la croisée des chemins entre prudence et sérénité, sécurité médicale et confiance en son propre corps. Cette limite n’est pas fixée de manière objective, mais est très individuelle. Ce qui est rassurant pour une femme peut être source de stress pour une autre. Prendre une décision éclairée signifie donc aussi tenir compte de sa propre situation (par exemple, ses antécédents médicaux), prendre au sérieux sa propre perception des risques et reconnaître qu’il est rare qu’il n’y ait qu’une désision «juste» ou un «fausse».
Rôle des professionnel·le·s
Les professionnels (sages-femmes, médecins et autres spécialistes) jouent un rôle central. Elles et ils ne sont pas seulement des sources d’information, mais aussi des interlocuteur·rice·s de référence. Un bon accompagnement signifie donner des informations compréhensibles et équilibrées, reconnaître ce qui est incertain, et créer un espace pour les questions et le soutien aux décisions, même si celles-ci ne correspondent pas à ses propres préférences. Pour de nombreuses femmes, c’est précisément ce sentiment qui est déterminant: je suis prise au sérieux, même avec mes doutes.
Etre informée et rester soi-même
Une décision éclairée n’est pas un acte ponctuel, mais un processus. Elle se construit au fil des échanges, avec l’expérience et parfois aussi à travers l’incertitude. Etre informée ne signifie pas dissiper toutes les incertitudes, mais trouver un moyen de les gérer.
Réflexion de l’autrice
J’ai moi-même fait l’expérience de la fine ligne qui sépare le fait d’être informée et celui de gérer ce qui échappe à notre contrôle. Après plusieurs traitements infructueux pour avoir un enfant et plusieurs fausses couches, ma grossesse a été marquée par un fort besoin de contrôle. Je voulais comprendre, m’assurer, ne rien laisser au hasard. En même temps, j’ai remarqué à quelle vitesse l’information peut basculer vers le surmenage – et combien il est difficile de retrouver la confiance.
Une question centrale n’est donc pas seulement: «Que dois-je savoir?», mais aussi: «Qu’est-ce qui me fait du bien dans ma situation?». Et c’est peut-être là qu’il faut trouver une nouvelle voie: être informée sans s’y perdre.
S’informer en groupe
Ma première grossesse a été très difficile, mais pour la deuxième cela s’est mieux passé. J’ai fait une préparation à l’accouchement avec un groupe à l’Arcade sages-femmes (à Genève), cela m’a permis de rencontrer la sage-femme et d’autres futures mamans. J’y ai eu beaucoup de conseils et d’informations. Je n’étais pas particulièrement inquiète mais c’est toujours bien d’en apprendre plus en groupe sur la grossesse, le corps, l’accouchement!
Nahwa, 32 ans, maman de Natanya, 2 ans et Naemi, 4 mois
Related posts:
No related posts.